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Début de la campagne REMMOA en Nouvelle-Calédonie et Wallis et Futuna


Le 4e et dernier volet du programme REMMOA (REcensement des Mammifères marins et autre Mégafaune pélagique par Observation Aérienne) a débuté ce weekend. Porté par l'Agence des aires marines protégées et mis en place par l'observatoire Pelagis (CNRS-Université de La Rochelle), la campagne est construite en partenariat avec les institutions locales (Gouvernement, provinces) et les associations et réseaux locaux de suivi et de protection de la grande faune marine (SCO, Opération cétacés, Waco me Wela...) dont plusieurs membres font partie de l'équipe d'observateurs. Les observations se dérouleront jusqu'à fin décembre 2014 et visent à une meilleure connaissance de la biodiversité des espaces océaniques de la Nouvelle-Calédonie et Wallis et Futuna.


Vous trouverez toutes les informations et les dernières nouvelles de l'équipe sur le blog de campagne (blogremmoa.fr) et la page Facebook (Remmoa).


Contexte et enjeux

La ZEE française dans le sud-ouest de l’océan Pacifique est une vaste zone d’environ 2 millions de km2 composée de deux entités distinctes, de tailles très différentes : la plus vaste à l’ouest - la ZEE de la Nouvelle-Calédonie - constituant le quart sud-est de la mer de Corail ; l’autre correspondant à la ZEE de Wallis et Futuna, située à environ 2 000 km au nord-est de la première.
 
Connaissances sur les cétacés dans la zone
Pour les 22 pays et territoires insulaires du Pacifique Sud, le niveau de connaissance des peuplements de cétacés est variable. Au total, si 33 espèces ont été observées, on ne dispose d’aucune information quant à leur répartition et leurs effectifs. La connaissance des peuplements de cétacés dans les eaux françaises de cette région reste iné- gale : les lagons et les eaux côtières de Nouvelle-Calédonie ont fait et font toujours l’objet de nombreuses observations depuis la terre, à partir d’embarcations légères ou par survols systématiques du lagon. Le nombre d’observations y est éle- vé. Au-delà de la zone côtière, les observations restent limi- tées, peu nombreuses et généralement non systématiques. On recense actuellement 16 espèces dans l’ensemble des eaux de la Nouvelle-Calédonie.
Le nombre d’observations de cétacés signalées dans la zone de Wallis et Futuna est faible ; il s’agit d’une des régions les plus mal connues du Pacifique à cet égard.
 
Contexte politique de la conservation
Onze pays et territoires du Pacifique (Australie, Iles Cook, Fidji, Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Niue, Papouasie Nouvelle-Guinée, Samoa, American Samoa, Tokelau et Vanuatu) ont actuellement déclaré leurs eaux « sanctuaires » pour les baleines, voire l’ensemble des cétacés. La plupart de ces pays sont membres du Programme Régional Océanien pour l’Environnement (PROE), qui concerne aussi bien les systèmes insulaires qu’océaniques et dispose d’un plan d’actions 2013-2017 en faveur des dauphins et des baleines. Ils ont signé le Mémorandum d’entente sur la conservation des cétacés et de leurs habitats dans la région du Pacifique insulaire, établi sous l’égide de la Convention sur les espèces migratrices (CMS - Convention de Bonn) qui a également un plan d’actions pluriannuel.
 
La Campagne REMMOA en Nouvelle-Calédonie et à Wallis et Futuna
REMMOA donnera une image «instantanée» de la répartition et de l’abondance des mammifères marins ainsi que d’autres espèces de la mégafaune marine (oiseaux de mer, tortues de mer, raies et requins). Ces observations, obtenues sur une partie représentative des eaux de Nouvelle Calédonie et de Wallis et Futuna, permettront d’identifier les habitats associés aux plus fortes densités ou aux plus fortes diversités et, ensuite, de prédire par modélisation la répartition de ces zones d’intérêt écologique sur l’ensemble des eaux concernées.
 
Cette campagne d’observation aérienne est la première de ce type à être réalisée
dans cette région.

Période de réalisation et couverture prévue
Une analyse climatologique de plus de 10 ans de données a déterminé les périodes favorables à l’observation aérienne dans cette région du sud-ouest du Pacifique. Le calendrier prévisionnel s’étend d’octobre à décembre et il répartit l’effort d’observation pour bénéficier des fenêtres météorologiques les plus favorables à l’observation. La campagne ne cible donc pas les baleines à bosse présentes en Nouvelle-Calédonie durant l’hiver et le printemps austral, mais elle concerne toutes les autres espèces de cétacés.
La mission devrait couvrir 40 % de la ZEE de Nouvelle-Calédonie et 90 % de celle de Wallis et Futuna. Les surfaces échantillonnées sont réparties en deux strates définies selon la profondeur : l’une d’environ 130 000 km2 intégrant les zones à fortes pentes, généralement de la côte jusqu’à -2 000 m de profondeur, sur laquelle il est prévu de réaliser 100 heures d’observation ; l’autre, océanique, d’environ 700 000 km2 avec 500 heures d’observation. L’échantillonnage homogène de ces strates s’effectue selon des trajets prédéfinis.
 
Résultats attendus
Ces données, analysées, seront importantes pour l’amélioration de la connais- sance des espèces et pour la gestion du milieu marin puisque des informa- tions sur l’activité de pêche, les déchets et le trafic maritime, collectées simultanément, mettront en évidence les zones où existent des interactions fortes avec les activités humaines.
 
Mise en place de la mission
La coordination scientifique et opérationnelle de cette mission est confiée à l’Observatoire PELAGIS (ULR-CNRS). Trois avions avec leurs équipes respectives, soit environ 25 personnes (une équipe étant composée au minimum de 2 pilotes, 1 mécanicien et 5 observateurs), sont prévus. Les observateurs seront recru- tés au préalable pour leur expérience de terrain ou en observation aérienne pour l’identification des espèces de cétacés et d’oiseaux marins. Dans la me- sure du possible, le recrutement local de personnes pour participer à cette campagne et l’organisation d’opérations de sensibilisation des populations locales seront favorisés.

Présentation des campagnes REMMOA

Objectifs principaux
Ces campagnes ont pour objectif de produire un état des lieux « instantané » de la répartition et de l’abondance des mammifères marins, oiseaux marins, tortues de mer, raies, requins et grands poissons visibles en surface. Elles permettent également d’identifier les habitats associés aux plus fortes densités ou aux plus fortes diversités biologiques. De plus, les répartitions de certaines activités humaines (pêche, trafic maritime, déchets) sont également
répertoriées. Ces campagnes, qui identifieront les zones prioritaires de conservation, sont les premières de ce type à être réalisées dans ces régions.
Étendue géographique et calendrier
Le programme se déroule à l’identique en 4 volets régionaux dans l’ensemble des eaux tropicales d’outre mer des trois océans (cf. tableau ci-dessous).
 


Florence Dhie