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La Plaine des Lacs, “point chaud” de la biodiversité


La flore et la faune néo-calédonienne sont marquées par :
• Une ile continentale vestige du Gondwana, dont elle s’est séparée depuis 60-80 millions d’années,
• Un isolement géographique (son plus proche voisin l’Australie est à plus de 1200 km)
• L’abondance de roches péridotiques qui se seraient mises en place il y a 35 à 40 millions d'années (Guillon,1975 in Jaffré (1980) ), à l’origine de sols particuliers où le vivant a du s’adapter.


La Plaine des Lacs, “point chaud” de la biodiversité
Cet endémisme remarquable et cette richesse spécifique élevée placent la Nouvelle-Calédonie parmi les zones prioritaires en matière de conservation de la biodiversité (UICN, WWF, 1994). Ainsi l’île comporte 4 des 238 écorégions prioritaires définies par le WWF, dont l’écorégion « eau douce » de Nouvelle-Calédonie » (Flouhr et Mary 2005 ).

La flore de Nouvelle-Calédonie est particulièrement riche puisqu’on y recense plus de 3 000 espèces pour un territoire de 19.105 km² (ratio de 0.157). A titre de comparaison, la Nouvelle-Zélande regroupe 1.460 espèces pour 256 000 km² (ratio de 0.005) alors que la Nouvelle-Guinée en compte 20 000 pour une superficie de 800 000 km² (ratio de 0.025).

Mais, l’intérêt de la flore calédonienne tient aussi à son originalité. En effet, sur les environ 3 300 espèces répertoriées, on dénombre 75 % d’espèces endémiques (dont l’aire de répartition naturelle se limite à la Nouvelle-Calédonie). Sur les massifs ultramafiques , la proportion d’espèces endémiques est encore plus élevée puisqu’elle atteint 90 %.



La Plaine des Lacs, “point chaud” de la biodiversité
A la plaine des lacs, on retrouve plusieurs plantes remarquables, toutes endémiques : Nothofagus spp. (Nothofagus discoidea classé VU par l’IUCN), Xanthostemon aurantiacum, Gymnostoma deplancheanum, Dacrydium araucarioïdes. Le site héberge trois gymnospermes menacés : Dacrydium guillaumini , Retrophyllum minor et Neocallitropsis pancheri (respectivement classées CR, EN et VU par l’IUCN) .

La faune présente un taux d’endémisme élevés dans la majorité des groupes : par exemple, pour les insectes aquatiques connus, plus de 75% des espèces seraient endémiques à la Nouvelle-Calédonie (Mary, 1999). Le taux d’endémisme est de 17,2% pour les poissons d’eau douce et de 37,8% pour les crustacés d’eau douce (Marquet et al., 2003).

Pour ce qui concerne la plaine des lacs, et malgré la quasi-absence de peuplement d’oiseaux d’eau, l’endémisme zoologique y est très élevé :
• deux genres de Gastéropodes y sont strictement endémiques : Glyptophysa (famille des Planorbidae, avec une espèce classée EN par l’IUCN) et Heterocyclus (famille des Hydrobiidae, avec deux espèces classées EN par l’IUCN) auxquels il faut rajouter un genre et 4 espèces non encore décrite,
• 5 espèces de crustacés décapodes du genre Paratya (dont on ne connaît qu’une seule espèce en dehors de la Nouvelle-Calédonie),
• le Copépode Boeckella spinogibba et le poisson Galaxias neocaledonicus (qui est classé CR par l’IUCN).

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