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La plus vieille plante à fleurs de la planète est néo-calédonienne


Une espèce emblématique, Amborella trichopoda (famille endémique Amborellaceae), représente le groupe frère à la base de l’évolution de toutes les autres plantes à fleurs actuelles de la planète.
Amborella trichopoda, unique espèce de la famille des Amborellacées, n'existe que sur le territoire.


© CNRS- Cyril POULLAIN
© CNRS- Cyril POULLAIN
Elle est considérée par les botanistes comme « la mère de toutes les plantes à fleurs » de notre planète. Depuis 1999 (Congrès de Botanique à St-Louis / Missouri, USA) et sur la base d'analyses phylogénétiques moléculaires, elle a le statut d'Angiosperme (plante à fleurs) vivante la plus primitive. (135 millions d'années).
De taille relativement réduite puisque ses arbustes atteignent de deux à six mètres, la plante a été découverte, nommée et décrite pour la première fois en 1869 par le botaniste H.E. BAILLON du Muséum d’Histoire Naturel de Paris.
Amborella trichopoda est une plante quasi commune en Nouvelle-Calédonie. Elle est répandue à travers la partie centrale de la Grande Terre et pousse notamment sur les pentes du plateau de Dogny (Sarraméa) et au Col des Roussettes (Bourail).

Habitat : En sous-bois de la forêt dense humide.
Substrat : Préférentiellement sur sur sol schisteux.
Altitude : entre 200 et 1 000 mètres.
Feuille : Feuilles alternes (phyllotaxie distique), pétiolées, arrondies ou aigues au sommet, arrondies à la base, marge ondulée voire dentée.
Fleur : Fleurs inodores, mâles et femelles de couleur crème sur des individus différents (dioïque), portées sur des grappes de 2 - 30 fleurs à l'aisselle des feuilles ou sur les tiges dénudées. Floraison de mars à mai suivie de la fructification jusqu'en fin d'année.
Fruit : drupe de couleur rouge à maturité, avec 1 seule graine dans une coque lignifiée extérieurement rugueuse.

Amborella Trichopoda tient surtout son caractère archaïque de la structure de son bois. Il ressemble fortement, dans sa constitution, à celui de la fougère. Ses vaisseaux conducteurs de sève sont imparfaits, contrairement à ceux de la plupart des autres plantes. Ce qui explique que l'on trouve l'Amborella en milieux humides.

Une survivante de Gondwana

© Sandra K. Floyd
© Sandra K. Floyd
«La Nouvelle-Calédonie est le conservatoire d'une flore très ancienne qui est issue du supercontinent Gondwana, territoire qui, il y a 80 millions d'années, regroupait notamment l'Australie, l'Antarctique, la Nouvelle-Zélande et la Calédonie, bien avant la dérive des continents. Après la séparation de ces terres, il y a environ 60 millions d'années, la NC est le seul territoire à avoir conservé ces conditions climatiques. D'où la préservation de certaines espèces de plantes », estime le Docteur Tanguy Jaffré, chercheur en botanique à l'IRD (Institut de recherche pour le développement).

Amborella trichopoda serait apparue il y a 135 millions d'années. Une datation que les chercheurs sont parvenus à déterminer grâce à une technique avancée de biologie moléculaire. Ce sont en fait les empreintes génétiques de la plante qui ont révélé son long passé.

Pour l'heure, cette découverte annoncée début août 1999 à Saint-Louis (Missouri, Etats-Unis) lors du XVIe Congrès de Botanique, a enfin permis de classer l'Amborella, et de mettre une nouvelle fois sur le devant la scène la très grande richesse de la flore calédonienne en espèces archaïques. Jusqu'à présent en effet, et c'est ce qui faisait son intérêt pour les scientifiques, Amborella trichopoda n'entrait dans aucune famille.

Mais cette espèce n’a pas fini de nous révéler tous ses mystères et la communauté scientifique internationale continue de se pencher sur ce « joyau » de la biodiversité néo-calédonienne.

© Vincent Dumontet
© Vincent Dumontet
Fleurs mâles d'Amborella trichopoda

Mots clés : Amborella