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REEF CHECK : une méthode de suivi du récif corallien


Reef check a pour but de dresser un bilan de la santé de notre corail. Connaître l’état du récif permettra la mise en place de mesures de gestion adaptées à notre contexte car ce milieu sous marin est d’une richesse extraordinaire, qu’il faut absolument protéger pour des raisons écologiques, mais aussi économiques.


REEF CHECK : une méthode de suivi du récif corallien
Afin de protéger et sauvegarder les récifs coralliens, il est nécessaire de connaître leur état de santé et de suivre leur évolution. La méthode Reef-Check permet cela.
Reef-Check a été créé en 1997 afin de proposer aux collectivités locales le moyen de contrôler la santé des récifs en utilisant une méthode standardisée et scientifiquement validée. Les données compilées par le réseau Reef-Check sont transmises au réseau mondial de surveillance des récifs (en anglais : GCRMN, Global Coral Reef Monitoring Network).
Depuis, Reef-Chek s'est développé et plus de 50 pays dans le monde entier participent à la surveillance et au suivi de l'état de santé de leurs récifs.

REEF CHECK : une méthode de suivi du récif corallien
Les objectifs de ce programme de suivi sont les suivants :
- L'établissement d'un état des lieux de milieux récifaux subissant ou non des pressions humaines (aménagement du littoral, rejets
d'eaux usées, impact de la pêche et des ancres de bateaux endommageant le corail et la faune marine) ;
- Le suivi de l'évolution d'un site par des indicateurs biologiques ;
- L'aide à la décision des gestionnaires pour la mise en place de modalités de gestion et de protection du récif.
La méthode Reef- Chek se déroule de la
manière suivante :
- Dans un premier temps, le choix des sites de surveillance doit être réalisé. Les zones de récifs à surveiller doivent subir des pressions humaines : tourisme, pollution, pêche..., doivent être riches en coraux et doivent abriter de nombreux poissons et invertébrés marins (crustacés, mollusques, vers, oursins....) ;
- Le suivi en lui-même est réalisé par des plongeurs en bouteilles, bénévoles. Ceux-ci doivent suivre sous l'eau une ligne imaginaire, appelée transect, de 100 m de long. Le transect est matérialisé par deux piquets métalliques positionnés à chaque extrémités.
Les plongeurs, tout en évoluant sous l'eau le long de cette ligne, doivent identifier et compter sur une largeur d'environ 5 m :
- Certaines espèces de poissons, notamment les espèces à valeur nutritives et/ou commercialisées : napoléon, perroquet..., ainsi que les espèces facilement identifiables par des non-spécialistes (poissons papillons...) ;
- Certaines espèces d'invertébrés marins, entre autres celles qui sont consommées par l'homme (bénitiers, langoustes, bêche de mer...) ou celles qui posent problème (Acanthaster),
- Enfin, les plongeurs doivent aussi noter la nature du milieu le long du transect : types de coraux, de fond.
Pour mener à bien ces identifications et comptages, les plongeurs bénéficient auparavant d'une formation par des scientifiques qui leur apportent les éléments nécessaires à la bonne conduite de l'opération.

Dans les départements et territoires français d'Outre-Mer, le Ministère de l'Outre Mer a décidé de mettre en place un tel programme au travers de l'Initiative Française pour les Récifs CORaliens (IFRECOR) qui finance donc l'opération.

La baie de Jinek à Lifou © Frédéric Dhie - Antipode Productions
La baie de Jinek à Lifou © Frédéric Dhie - Antipode Productions
L'ASSNC a chargé Sabrina VIRLY et Claire GARRIGUE de la formation des plongeurs. Deux rapports seront émis par l'ASSNC qui relateront la formation des bénévoles et le bilan de l'observation des sites, et une restitution sera faite.
Pour des raisons logistiques, seule l'île de Lifou a été retenue en Province des Iles et les trois sites ne sont que des récifs frangeant puisque le récif barrière est inexistant aux Iles Loyauté. Ces sites sont les suivants :
- Le site de la Baie de Chateaubriand est particulièrement intéressant dans la mesure où il subit de nombreuses pressions : pêche, activités nautiques, rejet
d'eaux usées, déchets, aménagement du littoral...
- Le site remarquable de la Baie de Jinek est fréquenté quotidiennement par les habitants, les touristes et notamment les touchées des paquebots de croisière. Ce site subit une pression humaine importante et le milieu est perturbé : destruction des coraux, pêche, dérangement de la faune...
- Un site au niveau des tribus de Inagod, Luengoni et Joz sera également observé, les pressions humaines étant moins importantes.
La formation théorique et le suivi en lui-même auront déjà eu lieu à la date où cet article paraît. La formation théorique et le suivi pratique
se déroulent entre le samedi 1er et le mardi 4 novembre, selon le temps et l'avancée de l'observation.
Les résultats de ces observations devront permettre de mieux apprécier l'état de santé des récifs des Iles Loyauté et de mettre en place des actions de gestion adaptée. Espérons qu'une telle initiative fasse prendre conscience, une fois de plus, de la richesse de réseau mondial notre récif. Protégeons GCRMN en réalisant notre patrimoine !


Source Province des îles Loyauté